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Sidi Mohamed Djerbi
7 décembre 2020, par penvins

Sidi Mohamed Djerbi : L’expérience du désert donne une consistance à l’existence.

La littérature algérienne d’expression française était depuis sa naissance une prise de position contre l’occupation française, elle était ainsi le porte-parole d’un peuple colonisé, opprimé et déraciné. Des écrivains algériens comme Feraoun, Dib et Mammeri ont soulevé des questions sur l’identité et sur la lutte pour la libération.
Dans la foulée des auteurs postindépendance, la plume de l’écrivain algérien Sidi Mohamed Djerbi clame haut et fort une identité culturelle plurielle marquée par le dévouement à la liberté et à la spécificité locale, aux diverses origines berbères, arabes et africaines. Ainsi, les œuvres de Sidi Mohamed sont une invitation solennelle à l’errance dans le désert à la manière des poètes arabes préislamiques. « L’expérience du désert donne une consistance à l’existence qui transparaît à travers mes ouvrages », nous fait savoir Sidi Mohamed Djerbi.

Commençons par le commencement, qui est Sidi Mohamed Djerbi ?
Je suis né en 1949 à Tlemcen (Algérie). J’ai fait des études de Statistiques au Centre de Formation Administrative d’Alger entre 1967 et 1969, et de Sciences des Structures des Matières à l’Université Paris VI entre 1974 et 1975. J’ai travaillé dans une société pétrolière implantée au Sud algérien de 1975 à 2010.
Vous avez écrit jusqu’à présent 4 Romans, 1 Recueil de poèmes et 1 Essai. Pouvez-vous nous résumer vos ouvrages ?
Volontiers, les voici :

« Relève-toi ! »

Ce livre, inspiré de faits réels, repose sur une puissante exaltation du désir inassouvi. Il raconte la traversée du désert d’un jeune immigré. Ses rêves, ses peines et sa prise de conscience sont décrits avec une sincérité touchante. Les déçus de la vie y trouveront une source d’inspiration afin de s’en sortir. Les thèmes de l’amour, de la trahison, de la chute et de la remontée sont très présents.

« Ne t’arrête pas ! »

Cet ouvrage montre le quotidien de travailleurs pétroliers au Sahara. Des hommes régressés au rang d’ouvriers-forçats alors qu’au début, ils étaient ravis par les paysages admirables et les traitements élevés. Ce roman, reflet d’une longue expérience, prévient des suites fâcheuses de la fixité dans un milieu quels que soient ses attraits.

« L’homme le plus recherché »

Ce roman précurseur raconte la cavale de Mustapha Amana, un jeune Français d’ascendance arabe, recherché par toutes les Brigades de Répression des Maures. Une résistante au Système Marie Noble chez laquelle il se réfugie lui demande son avis sur les vraies causes de l’expulsion des Arabes de France… Cette fiction incite à inverser les difficultés de la vie en avantages et le racisme en tolérance.

« Le corona ? »

Deux personnages dissemblables se rencontrent au Sahara en pleine épidémie de la Covid-19. Leurs expériences, leurs études et leurs connaissances de la vie incitent à la réflexion sur le fond des problèmes révélés par le nouveau coronavirus. Un souffle d’humanité et d’espérance parcourt ce livre riche en enseignements et en rebondissements.

« Ouvre ta voie ! »

Ouvrir sa voie, c’est ouvrir son compte de vie. Respirer selon les battements de son cœur. Percevoir avec ses sens. Se comporter suivant ses principes. Consolider ses valeurs. S’aimer et aimer. Tolérer et offrir. Ce recueil de poèmes est une exhortation vers ces quêtes-là. C’est aussi une gerbe de fleurs cueillies tout au long d’une vie difficile et féconde.

« Rejette la demi-vie ! »

Manœuvré par les infox et les produits, plongé dans un environnement hostile et pollué, le citadin actuel ne sait plus où il en est. Une solution semble possible, changer de lieu et de mode de pensée qui transformeraient cette sorte de demi-vie contraignante en vie authentique. À cet égard, le Sahara est la destination idéale pour se ressourcer. Cette suggestion, fruit d’un vécu dense et foisonnant, constitue le thème central de cet ouvrage.
Vous disiez que l’expérience du désert donne une consistance à l’existence qui transparaît à travers vos ouvrages. Voulez-vous nous expliquer davantage cette relation avec le désert ?
Effectivement, l’expérience du désert peut donner une consistance à l’existence. À cet égard, laissez-vous séduire par cet extrait du roman « 

Rejette la demi-vie ! » :

« Au Sahara, tout concourt pour démêler ses difficultés, le dévoiler à lui-même, le soulager de ses charges inutiles, le remettre sur pied, le rassurer, le revigorer, lui restituer son authenticité, lui insuffler de l’énergie, le concilier avec le monde et l’enrichir intérieurement.
Ici, rien ne l’enchaîne, rien ne le dirige. Il est hors de portée des clameurs, du désordre, des servitudes et des nuisances de la ville. L’activité des humains y est très restreinte. Leurs systèmes y sont abolis. Leur propension visant à transformer les choses à leur image ne peut pas s’exercer dans cet espace sans fin. »
Pouvez-vous nous parler de la scène culturelle en Algérie ?
La culture algérienne traverse actuellement une crise. Mais, comme tout marasme fondateur, il peut en jaillir une renaissance dans tous ses volets. L’espoir est permis avec une jeunesse instruite qui déborde de vitalité et d’inventivité.
La littérature algérienne d’expression française des précurseurs était marquée par une quête de l’identité comme stratégie contre l’occupation française. La littérature algérienne d’expression française d’aujourd’hui est-elle en quête d’une identité culturelle ?
Comme partout ailleurs, l’identité culturelle est englobée dans l’identité nationale. Et, chaque auteur postindépendance la revendique à sa propre manière. Cependant, le dénominateur commun de l’ensemble des écrivains algériens semble être l’attachement à la spécificité de leur peuple. À ses racines berbères et arabes. À l’Islam modéré. À son amour pour la liberté chèrement reconquise.
Que représente la littérature pour vous ?
La littérature et en général les sciences humaines, la philosophie et la métaphysique sont indispensables à mon bien-être. J’ai eu la chance d’avoir fréquenté la plus grande université du monde : le Sahara et son espace, sa pureté, son silence, son temps ouvert. Là-bas, munis de leurs ouvrages, les plus grands penseurs de tous les horizons et de toutes les époques m’ont enseigné leurs leçons de vie et m’ont transmis leurs connaissances.
Votre dernier mot…
Dans cet espace, je voudrais m’adresser aux auteurs africains pour concourir à travers leurs écrits et leurs créations au développement socio-économique de notre continent. Merci à Monsieur Abdelali Najah.

Sidi Mohamed Djerbi
Né en 1949 à Tlemcen (Algérie), Sidi Mohamed Djerbi a fait des études de Statistiques au Centre de Formation Administrative d’Alger entre 1967 et 1969, et de Sciences des Structures des Matières à l’Université Paris VI entre 1974 et 1975. Il a travaillé dans une société pétrolière implantée au Sud algérien de 1975 à 2010. Actuellement, il est en retraite.

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