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Quand tout va de travers
29 avril, par essette

Quand tout va de travers

Je me rappelle toujours mes premières années à l’école primaire. C’étaient des moments délicieux. Je me rappelle notre instituteur, un jeune homme élégant et imposant, il était pour nous un modèle qui fascine. Comment en serait-il autrement ? Lui qui nous apprenait à lire et à écrire, lui qui nous prodiguait un savoir si varié, si utile ; comment on devait se comporter avec les autres, les parents, les voisins, les membres de la famille, les pauvres et les mendiants, les adultes et les femmes. Mais aussi des leçons de grammaire et de conjugaison, de calcul et d’histoire géographie, c’était après des leçons de bonne conduite et de morale comportementale qui devaient nous préparer à la construction d’une société saine et vivable. On avait alors toutes les raisons d’entrevoir une vie future, agréable et prometteuse. Le mystère enchanteur de notre instituteur était donc de nous inculquer des valeurs sociales, religieuses et humaines qui devaient nous prévenir contre les aléas de la vie. Aussi était-on des rêveurs et des romantiques, croyant dur comme fer s’acheminer vers un futur où tout est calme, luxe et volupté.
Hélas ! Notre sensibilité rêveuse et romantique était dès lors confrontée à une usure lente et progressive, voire parfois à des secousses violentes qui commençaient à envahir notre quotidien. Il nous arrivait fréquemment d’avoir donc des démentis criards. Et on s’interrogeait toujours. Le mal est là, on le voit partout, il nous agresse, est-il nécessaire, ne peut-on pas l’éviter ? Si c’est oui, comment ? Ce genre de questions est devenu si lancinant qu’il y avait lieu de douter de tout. Scepticisme, pyrrhonisme, cartésianisme, tous les modes de réflexion sont appelés à la rescousse. A cette image si limpide et si pure de l’enfance s’est vite substituée une autre image plutôt sombre, plutôt floue qui remet en question toutes nos anciennes convictions pourtant si bien ancrées dans les esprits. Malheureusement cette période de doute et de flottement donnait l’impression de perdurer éternellement. A peine est-on installé dans une vérité que, comme par enchantement, elle se volatilise pour céder la place à une autre vérité non moins consistante. Au point qu’on est devenu convaincu que la vérité en tant que concept est d’une nature si fragile qu’elle est condamnée à une existence sensiblement éphémère.
En raison de cette dimension fragile de la vérité, est-il possible de la définir dans son exhaustivité ? Rien n’est moins sûr. Tout ce que l’on peut dire c’est que la vérité est très souvent une question personnelle. On parle en l’occurrence d’un genre précis de vérité qui a un rapport aux sens, non pas cette vérité scientifique dite objective qui est perçue partout de la même façon, mais une autre dite subjective sur laquelle agit le sens à travers le prisme duquel elle est appréhendée. Quand je crois voir, ou entendre, ou sentir, ou goûter, ou palper, c’est moi seul qui suis en mesure de saisir ces éléments sélectionnés, car quelqu’un d’autre les sentirait forcément, mais pas avec la même intensité. Le miel n’est pas sucré parce qu’il est naturellement sucré, mais parce que c’est moi qui le trouve sucré. Un autre qui n’est pas habitué à la consommation du sucre lui trouverait peut-être un mauvais goût.
Et parce que les vérités sont multiples et circonstancielles, elles se prêtent aisément à la manipulation ; avec un peu de malice, une bonne maîtrise des règles de la rhétorique et de l’argumentation, la sophistique se met volontiers à votre service pour vous livrer tous les pièges dont vous avez besoin quand vous cherchez à berner votre interlocuteur et l’amener à adopter votre point de vue, fût-il des plus absurdes et des plus insoutenables.
Entre le monde de mon enfance et mon monde actuel bien des vérités se sont succédé, ne laissant qu’amertume et déception, car très vite rendues caduques par d’autres vérités non moins contestables. Quand on a pris de l’âge et qu’on a pris du recul vis-à-vis des événements, on a tendance à penser que tout est faux, que le langage est sans doute le principal agent qui fait le malheur des hommes du fait qu’il est capable de rendre les choses absentes. Aussi me demandais-je si les autres êtres vivants, en dehors des humains, savent ce que c’est que le malheur. Un végétal ou un animal, cela vit tout simplement. Un animal ne mentira jamais à son congénère parce qu’il ne parle pas, ne lui fera donc pas de mal ; un humain peut dire une seule vérité entre mille mensonges, et vous avez beau chercher cette vérité, c’est autant chercher une aiguille dans un tas de foin. Voilà pourquoi il n’est pas exagéré de dire que la vérité n’existe pas quand elle n’est pas, comme dit Démocrite, au fond d’un puits.
Et ce n’est pas un politicien qui nous démentira, lui dont la stratégie principale est justement de la combattre, de la massacrer, car la vérité ne pousse et n’est jamais faite pour pousser dans un monde politique. La vérité et la politique sont si hostiles l’une à l’autre qu’elles ne peuvent pas faire bon ménage. Un politicien qui dit la vérité n’est jamais un politicien, car dire la vérité, c’est être forcément honnête, intègre. Et quand un jeune politicien novice, frais et émoulu, animé de bonnes intentions et nourri des leçons de morale comportementale comme celle que nous dispensait notre instituteur de l’école primaire, il est très vite tourné en dérision par ses pairs qui trouvent ses attitudes ridicules, aussi ridicules qu’est cet albatros baudelairien que ses ailes de géant empêchent de marcher, suscitant inéluctablement l’hilarité des membres d’équipage. Cela nous amène à dire que ce sont le faux et le mensonge qui ont toujours gouverné le monde, et ce sera ainsi le cas jusqu’à la fin de l’éternité.
On peut évoquer plusieurs fausses vérités et démontrer leur fondement fallacieux. Le plus dévastateur est à coup sûr le concept de la démocratie. Quel politicien oserait dénigrer ses vertus ? Quel individu sensé se hasarderait à remettre en question ce merveilleux legs que les Grecs anciens nous ont transmis ? Critiquer ce concept sur lequel les plus grandes nations dite civilisée affirment avoir assis leurs gouvernements, c’est comme si on était un apostat. Et pourtant, à l’origine, le concept devait avoir été conçu pour instituer un système de gouvernance qui tente de mettre de l’ordre dans les rapports gouvernants/gouvernés. Autrement dit le mot démocratie est composés de deux items lexicaux : « démos », du grec qui signifie peuple, et « cratie » qui veut dire gouverner. D’une manière littérale, la démocratie serait un mode de gouvernance où c’est le peuple qui décide de son sort. Qu’en est-il de cela en pratique ? Rien ou presque rien.
La démocratie est tronquée de tout ce qui fait son essence, à savoir un partage effectif de pouvoir au quotidien entre les parties concernées pour n’en conserver qu’une pratique qui n’est interpellée qu’une fois tous les quatre, cinq ou six ans : c’est le passage aux urnes. Et c’est là où le bât blesse, où réside justement la clownerie des politiciens quand ils s’évertuent à faire du concept du « vote » un mot qui va, en les atrophiant, subsumer toutes les autres composantes qui forment le mot démocratie. De la sorte, le citoyen moyen, peu conscient de ses droits et de ses devoirs, se contente de réclamer ce droit, laissant le reste à la discrétion du politicien. Aussi le « démos » se manifeste-t-il une fois tous les 4, 5 ou 6 ans, quand la « cratie », qui est l’apanage du politicien, se déploie durant toute la durée susmentionnée.
Ce qui initialement était présenté comme un équilibre s’avère en fin de compte un déséquilibre savamment orchestré. Et le politicien va se murer dans sa tour d’ivoire, bénéficiant des privilèges qu’il s’est copieusement octroyés, accumulant indûment plus de biens et donc plus de pouvoirs, légiférant en fonction de ses intérêts personnels, quand le « démos » va se contenter de bayer aux corneilles et de ruminer ce que son élu condescend à lui concéder. Sous couvert ce mot de démocratie volontairement abusif et trompeur, le politicien, en toute légalité et au nom du peuple qui a placé en lui une confiance aveugle, peut bayer après les richesses et s’octroyer des privilèges qui sont propres à souligner son utilité et son importance. Aussi peut-il s’accorder une Villa de fonction sans oublier eau et électricité au nom du peuple, une voiture de service avec des bons d’essence au nom du peuple, des primes faramineuses et des indemnités de déplacement assaisonnées de billets d’avion et de résidence dans des hôtels V I P. Tout cela naturellement au nom du peuple qui est à l’origine du pouvoir, lui qui a eu l’honneur de décider à qui accorder le droit de le représenter, de le gouverner.
Le politicien est boulimique, c’est connu, rien ne le rassasie ; plus il a, plus il veut avoir. Tous ces privilèges sont loin d’endormir ses démons ravageurs. Il veut plus, quelque chose qui puisse le distinguer de cette racaille qui est convaincue, imbécile et obtuse, que la démocratie se limite à l’usage des urnes. Il veut avoir ce singulier privilège qui va le mettre en relief et lui donner ce sentiment de sécurité qui lui manque, et ce sera l’immunité diplomatique qui n’est rien d’autre que cet avantage qui est accordé aux prévaricateurs, ce qui les autorise à investir le domaine des interdits en étant sûr de l’impunité. Rien n’arrête les folies d’un haut fonctionnaire jouissant de cette prérogative.
Demander à un fort de ne pas être fort, de ne pas être fou et extravagant, c’est autant demander à un faible d’être fort. Ni l’un ne peut ceci, ni l’autre ne peut cela. Un fort ne peut pas ne pas être fort tout autant qu’un faible ne peut pas être fort. Or si le politicien a perverti le sens du mot démocratie en le taillant à ses propres mesures, il appartient au peuple qui est seul responsable de tout le bien et de tout le mal que peut connaitre sa société de rétablir l’équilibre d’avant la chute, d’avant la démocratie. Il suffit qu’il prenne conscience de sa valeur réelle, qu’il comprenne que c’est lui qui crée le politicien et non pas le contraire et que s’il doit exercer les véritables pouvoirs dont la nature l’a doté, il n’a qu’à dépouiller le politicien de ces puissances qu’il lui a lui-même concédées, en faisant que la démocratie soit une affaire d’un vrai partage équitable et équilibré.
Un politicien est un chat parmi les chats. Avec un peu plus d’audace que les autres, il endosse le masque d’un politicien et le voilà aussitôt transmué en lion. Mais la différence entre lui et un lion de la jungle, c’est que le politicien-lion n’est rien que du toc, car sa force n’est pas immanente mais transitoire. Dès lors que le peuple décide, sur un appel de folie, de récupérer ses biens, ce faux lion va s’écrouler pour retrouver son état initial ; un chat parmi les chats, ayant déjà oublié de rugir, sachant à peine miauler. Parcourez les quatre coins du monde, vous trouverez partout des politiciens, à quelques différences près, qui cadrent bien avec ce modèle, qui est certes plus répandu dans les pays sous-développés. Le politicien de ces contrées mal nanties ne peut produire plus que ce qui lui permet son conditionnement géopolitique. La nature de ses folies vous dira facilement à quelle contrée il appartient, car évoluant dans une société sous développée, il usera plus de la malice et de la filouterie.
Les actions franches et musclées seront plutôt l’affaire des grandes nations, de ces pays qui se disent démocratiques et qui se targuent ostensiblement de l’être. Les Etats Unis n’ont-ils pas érigé cette statue de la liberté à New York pour donner le change au monde ? N’ont-ils pas érigé cette statue pour en faire un sujet de fierté et un parangon de liberté ? La France n’est-elle pas le berceau de cette révolution qui a enfanté cette devise ô combien prometteuse : Liberté, Egalité, Fraternité ? On se limitera au traitement de ces deux pays représentant le monde dit libre et démocratique, les deux grandes cultures occidentales qui dominent le monde : l’anglophonie et la francophonie. Chacune de ces deux entités cherche à dominer le monde afin de proposer, pour ne pas dire imposer, leur culture et leur mode de vie. Ne sont –elles pas des nations démocratiques, un modèle à suivre ?
Qu’en est-il de ce pays berceau de l’égalité et de la fraternité ? N’est-ce pas la France qui a parcouru des milliers de kilomètres pour venir envahir un pays lointain, L’Algérie s’entend, avec lequel elle ne devait avoir aucun contentieux justifiant cette folie, pour aller le coloniser pendant un peu plus d’un siècle, massacrant sauvagement un peu plus d’un million d’indigènes ? Est-ce cela ce qu’on appelle une nation civilisée qui exporte et brade sa culture dans les quatre coins du monde en usant de tous les artifices et de toutes les subjugations pour réduire en sujétion des peuples qui ne cherchent qu’à vivre décemment ? Qui ne préférerait pas être un sauvage inoffensif plutôt qu’un civilisé sanguinaire ? Pourquoi toute cette atrocité ? L’enjeu n’est certes pas difficile à deviner. Les richesses du continent africain ont excité les démons démolisseurs et vampiriques de l’ogre européen. A ce propos, on comprend mal le mutisme conscient ou inconscient des Historiens qui, s’ils ont eu le courage de parler, non de dénoncer, la ruée vers l’or américain, ils ont consciemment occulté la ruée vers l’or africain. Et pourtant interrogez les Français, les Espagnols, les portugais, les Italiens, même les petites nations : la Belgique, la Hollande. Interrogez les Anglais, les Russes, interrogez toutes ces grandes nations européennes ; toutes des nations démocratiques qui pratiquent excellemment cette nouvelle discipline dite « démocrature », en allant très loin de chez eux chercher leur pâture.
Heureusement que l’Afrique est maintenant libre, car débarrassée finalement de ces détestables colonisateurs. Il appartient dès lors aux enfants de l’Afrique de décréter son essor. Si et seulement si ses vrais enfants pouvaient accéder à la gouvernance. Malheureusement tel n’est pas le cas ; les anciens colonisateurs ont tous été unanimes sur la même démarche satanique à suivre pour continuer à gruger les biens de l’Afrique, en installant des gouverneurs à leur solde. De la sorte, les deux ogres endogène et exogène tireront chacun le profit convoité. L’ogre endogène sera assuré d’être soutenu politiquement en s’assurant son éternisation sur le trône de la gouvernance, ce qui lui permettra de satisfaire toutes ses passions, les licites et les illicites. Quant à l’ogre exogène, il continuera, comme par le passé, à exploiter en catimini les richesses des pays soutenus.
Et la France, que dis-je, l’Europe, continuera à exploiter ce malheureux continent. La preuve que ni la France ni l’Europe ne peuvent lever la main sur l’Afrique, c’est la rivalité sournoise qui vient de se déclencher entre la France et l’Italie qui se disputent actuellement La Lybie, cette ancienne colonie italienne. La France traversant probablement des phases de crises économiques lorgnant sans vergogne le pétrole libyen reçoit publiquement et cérémonieusement un criminel de guerre, l‘émir de guerre, le dénommé Haftar qui n’a aucun statut politique parmi les dirigeants officiels libyens. Elle lui promet armes et munitions, soutien militaire et logistique, ce qui lui permettrait de mettre la main sur les sources de pétrole, mais ce qu’il n’est heureusement pas près de réaliser. On ne peut, au passage, se rappeler sans une crispation au cœur cette même France défenseur des droits de l’homme qui, il y a quelque temps, a reçu pompeusement en lui déroulant le tapis rouge l’un des plus grands criminels qui, à la faveur d’un coup d’état militaire, a usurpé le pouvoir après avoir incarcéré le président élu au suffrage universel et massacré pas moins d’un millier de manifestants pacifiques à Place Tahrir du Caire, j’ai nommé le général Saisie ou Sissi
Le summum de la turpitude française c’est cette honteuse duplicité dont elle fait expressément étalage : aux autorités légales libyennes reconnues par les instances internationales, elle donne des mots, des phrases creuses, des discours fallacieux, à l’émir de guerre elle donne matériel de guerre, pilotes et militaires et conseillers en logistique. Voilà de quoi est capable le pays modèle des droits de l’homme. Drôles de droits !!! Etat caricature !!!
Le bon sens mettra la France devant un défi très simple si elle a bien envie de racheter ses crimes ô combien vils et séculaires commis en Afrique ; de la sorte elle deviendra véritablement un pays des droits de l’homme. Qu’elle fasse tout bonnement son mea culpa en reconnaissant les atrocités qu’elle a commises, qu’elle restitue à l’Afrique ce qu’elle lui a extorqué tout en promettant solennellement de ne plus jamais y remettre les pieds, comme elle le fait actuellement au Mali et ailleurs sous ce sempiternel et absurde prétexte de combattre le terrorisme. La France accepterait-elle qu’un jour une force spéciale sénégalaise débarque tout de go, armée jusqu’aux dents dans les rues de Paris pour soi-disant faire la chasse aux miliciens de Boko Haram ? Quand un petit produit une action méprisable, tout le tonnerre du monde s’abat sur lui, Quand la même action est produite par un grand, toutes les louanges du monde déferlent sur lui.
Drôle de démocratie !!! Quand un pauvre Palestinien blesse imprudemment un sioniste en Palestine, tout le monde occidental et démocratique à l’unisson crie au scandale et trouve unanimement le mot juste –le terroriste- pour qualifier ce pauvre hère. Il est aussitôt incarcéré, sa maison est bombardée, sa famille est indexée est expulsée. Tout cela pour une goutte de sang. En revanche quand c’est un sanguinaire qui bombarde tout un quartier à Gaza détruisant écoles, hôpitaux, administrations, constructions, habitations tuant des dizaines d’innocents, blessant des centaines dont des enfants et des vieux, le pilote est très vite qualifié de héros national. Les Etats-Unis et les Occidentaux démocratiques vous controuvent l’un des arguments des plus absurdes : les sionistes sont en état de légitime défense, quand les recommandations les plus agressives à l’encontre des agresseurs viennent des Nations unies qui puisent dans leurs escarcelle cette même formule magique d’une absurdité sémantique on ne peut plus absurde et grotesque : « que toutes les parties (victimes et bourreaux indistinctement) tempèrent leur ardeur ». Voilà comment se pratique, comment se prostitue le concept occidental de démocratie.
Par ailleurs, il est à peine croyable et pas toujours facile à comprendre comment les Américains, cette grande nation qui fait depuis longtemps le gendarme du monde, ont porté à la Maison Blanche un président qui va mettre à nu les fondements réels sur lesquels est érigée toute la démocratie occidentale, à savoir le culte de L’Argent, ce moteur social qui bafoue toutes les valeurs, en l’occurrence les notions de moral et de moralité. La philosophie actuelle de la Maison blanche ne fait que confirmer les pratiques tordues et grimacières des décideurs occidentaux. En effet le courage et la franchise du président de la Maison Blanche sont traduits par ce grotesque hold-up fait à l’Américaine du plateau du Golan syrien qu’il croit offrir impudemment à l’autorité sioniste. Bien plus, Comme un souteneur qu’aucune moralité ne commande, il ordonne au grand jour à l’Arabie saoudite de payer les frais de la protection qu’on lui assure, sans quoi en une semaine les Iraniens dîneraient à Riad, ce que ses prédécesseurs ont toujours pensé toutbas, mais ce qu’ils n’ont jamais osé déclarer à haute voix. Le résident de la Maison Blanche a littéralement escamoté cette vieille antienne qui célébrait la notion sacrée de la justice, quand il défend mordicus un tueur à gage qui n’a pas hésité à liquider physiquement, sauvagement un opposant dans un espace diplomatique.
Quand tous les Américains, à leur tête la C I A, le Congrès avec ses deux chambres le Sénat et le Parlement, démocrates et républicains confondus, sont unanimes sur la responsabilité du prince héritier saoudien dans le meurtre de ce journaliste, le résident de la Maison Blanche, comme une fausse note qui fait couac, n’a jamais cessé de crier l’innocence de ce paria de la société, de cette vache à traire dont il va sucer, et le lait et le sang jusqu’à leur épuisement. Avec tout ce qui a été dit et ce qui n’a pas été dit, oserait-on continuer à parler de la démocratie à l’occidentale ?
Quand est-ce que le petit monde comprendra finalement qu’il n’a rien à attendre de l’Occident, de sa civilisation, de sa culture, de sa fausse puissance ? Quand est-ce qu’il réalisera que le chameau ne sera jamais ami avec la fourmi, que ce qui l’a toujours lié, ce qui le lie et ce qui le liera toujours à cet Occident ami sera exclusivement l’exploitation éhontée de ses richesses naturelles ? Il est temps donc temps que ce petit poucet prenne conscience et se débarrasse de l’emprise enchanteresse de ce que Bourdieu appelle la « violence symbolique », ce processus de soumission volontaire dont sont victimes les peuples, qui les pousse à accepter comme naturelles toutes les inégalités sociales au nom de la démocratie, de comprendre une fois pour toute que pour sa survie et son bien-être, une entité individuelle ou collective ne doit jamais tabler sur la mansuétude et la générosité des grands et des soi-disant démocrates.
Personne n’est bon volontairement. Personne ne peut me servir si je ne me sers pas moi-même. Sachons qu’on ne nous fait jamais un cadeau si on n’est pas sûr d’en tirer par la suite des bénéfices au centuple. Pour se mettre à l’abri des manigances occidentales, le petit peuple a intérêt à user de manigances aussi puissantes, aussi ravageuses : cela est très simple pour peu qu’on le comprenne une fois pour toutes, en abandonnant sa nature de fourmi, ce qui est primordial, pour adopter celle d’un chameau ou d’un animal assimilé : un éléphant, un rhinocéros ou un lion. Et voilà que cet ogre occidental changera très vite de dimension dans votre esprit ; d’un surhomme, il deviendra tout juste un homme, voire dans la plupart de cas, un sous-homme. La vérité d’une chose n’est, semble-t-il, pas dans ce qu’elle est, mais dans le comment on la voit, dans le comment on se la représente dans son esprit.

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