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4 Livres sur les recherches de déportés

dimanche 27 novembre 2016, par Mélèze


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Wasjbrot
La Trahison, Zulma, 1997 Un homme a eu une amie juive pendant la guerre qui s’est fait arretée

Thierry Hesse
Démon Editions de l’Olivier (2009)

Joe Dicker
Le Dernier jour de nos pères Éditeur : Editions de Fallois (2012)

Fabrice Humbert
L’origine de la violence, Paris, Le passage éditions

C’est le concept de « trahison » qui justifie le récapitulatif de tous ces livres. Les recherches sur les déportations ne débouchent pas toujours sur quelque chose de glorieux. C’est un domaine dans lequel règne l’hypocrisie la plus épaisse. Qu’on me permette avant de commencer de revenir dans cette introduction au livre de Mendelsohn « les disparus » 2007) S’il ne fait pas partie de la liste commencée ci-dessus il a donné l’exemple d’une personne recherchée qui a été dans une cache puis a été trahie. Comme dans les 4 cas que nous nous apprêtons à commenter aucun critique n’avait osé parler d’un anti héros pour ne pas nuire à la diffusion surprenante du livre.

C’est une question de complaisance que nous voulons casser aussi à propos de Joe Dicker. Son premier succès, « L’affaire Harry Quebert » n’était pas tellement réussie. Et là dans « les jours de nos pères » vous avez franchement 150 pages que vous pouvez sauter allégrement car la formation du SOE (special operation executive) n’apporte rien à la raison pour laquelle le héros va se transformer en une lamentable chiffe. C’est même invraisemblable qu’avec la formation reçue il ne présente pas plus de résistance aux policiers qui en ont entrepris la chasse. A bien des moments de son livre Dicker nous renvoie à une autre monographie celle de Pierre Assouline sur l’hôtel Lutetia car c’est depuis l’hôtel Lutetia qu’est organisée la police allemande qui poursuit et retourne l’anti héros des « jours de nos pères ». et c’est aussi cet hôtel qui est visé par l’attentat en préparation qui fait tomber l’antihéros.

Dans les trois autres livres c’est un peu la même chose. Les antihéros s’en sortent de façon peu glorieuse ? C’est la raison pour laquelle on est si long à découvrir une vérité qui en outre n’est encore sans doute qu’une partie du récit effectif.

  Le héros de Wasjbrot ne s’est jamais marié et à la fin du livre il se suicide

  Le héros de Thierry Hesse réussi à fuir l’union soviétique dans des conditions très peu explicites.

  Quant à Fabrice Humbert il nous offre une histoire de changement de nom.

Ce qui nous a frappé dans ces trois derniers livres c’est le mélange de timidité et lâcheté qui caractérisent les auteurs. Pendant des années ils affirment fréquenter les personnages dont ils nous racontent l’histoire. Par deux fois il s’agit d’une relation de père à fils. Mais dans ces cas-là les fils manquent de courage pour les affronter les pères de leur vivant les obliger à confronter leurs souvenirs au travail de l’historien. Ainsi dans ces trois livres la critique historique ne se réveille qu’après la mort des personnes scrutées. La critique historique reste faible en quelque sorte romancée par le roman dont le rôle est de compléter ou fleurir des souvenirs qui ont été transmis ou reconstitués de façon partielles sinon inconscientes.

Faut-il lire de l’anti-héroisme ? Et l’anti-héroisme apporte-t-il quelque chose à l’histoire de la 2° guerre mondiale ? Le travail de mémoire exige-t-il une mythologie puis la destruction de cette mythologie par la critique historique ?

Meleze automne 2016



 


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