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Lecture de Bernard Stiegler

lundi 9 novembre 2015, par Mélèze


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Présentation



Le lecteur de ces notes de philosophie trouvera ici des commentaires sur des citations de Bernard Stiegler relevées au fur et à mesure de la lecture de la société automatique puis de mécréance et discrédits car il fut nécessaire de se reporter d »un ouvrage à l'autre pour approfondir certains concepts. Plutôt que d'exposer des divergences avec l'auteur , nous avons préférer mettre en avant son l'évolution philosophique entre 2004 et 2015.


La société automatique existe mais elle n'est pas monolithique. Il y a encore 4 à 5 puissances qui se battent pour la diriger. Bernard Stiegler pendant ce dix dernières années s'est radicalisé comme nous le montrons par des comparaisons entre deux livres. Il fait l'histoire d'une nouvelle prolétarisation mais qui, - contrairement à la première, ne produit pas d'organisation.







La société automatique Bernard Stiegler Fayard Paris 2015





p 59 « Cette tendance (la fin de la théorie) est l'expression pharmacologique du processus de grammatisation dont la technologie numérique est le stade le plus avancé. La grammatisation est elle même une tendance technique qui s'exprime au moins depuis la fin du paléolithique supérieur et qui consiste dans la duplication et la discrétisation des expériences mentales (c'est a dire temporelles) sous forme de rétention tertiaire hypomnésiques ».



Notes

  • C'est impossible de raisonner sur une période aussi gigantesque et de prétendre la suivre à travers l'effet d'un processus unique appelé « grammatisation ». Cette dernière a forcément subi des sauts conceptuels qui font qu'on ne peut pas unir avant l'écriture et après l’écriture avant le net et après le net. On ne peut pas non plus considérer toutes les langues vivantes du monde comme une seule obéissant à une seule loi. Un peu d'expérience que du chinois montre que c'est que c'est une langue qui n'a pas de grammaire.

  • La discrétisation est un mot formé sur l'adjectif discret qui s'oppose à son contraire le continu. On nous dit que la grammatisation effectue une discrétisation. Elle ne peut donc pas conduire en même temps tous les hommes au mémé endroit et à la même vitesse. La discrétisation (à supposer qu'on accepte d'utiliser ce terme) a créé des savants qui à leur tour on réagi sur leurs contemporains.

  • C'est ainsi,par l'exception de la science, que se comprennent les retentions. La science revenant de façon vulgarisée après avoir été condensée dans quelques têtes permet d’économiser de nombreux efforts d'apprentissage. C'est ainsi que je connais le discret et le continu sans avoir besoin de les réapprendre pour comprendre le texte de Stiegler. Mais alors il se pose le problème du saut dans l'internet qui n'a pas été effectué par des savants au sens classiques du terme parce que les savants ne s’intéressent pas à la programmation. Les savant ont posé un problème de communication que les programmateurs ont résolu tout en prenant le pouvoir sur la science.




      p60 « la gouvernementalité algorithmique »

Elle est sans doute possible une caractéristique très forte du 21°siècle. Mais les programmateurs (ou programmeur) qui ont détronés les savants ne l'ont pas fait de la même manière dans tous les pays du monde de telle sorte qu'est récusée l'idée d'une « gouvernementalité algorithmique » MONDIALE.


P 63 « Quelles que soit sa forme et sa matière, la rétention tertiaire, en tant que retenue artificielle par duplication matérielle et spatiale d'un élément mnésique et temporel , est ce qui modifie de la façon la plus générale, c'est à dire en toute expérience humaine, les rapports entre les retentions psychiques de la perception que Husserl nomme les rétentions primaires et les rétentions psychiques de la mémoire qu'il appelle les rétentions secondaires ».

*

      • le mécanisme des retentions est bien expliqué (on peut aussi lire un developpement à leur sujet dans l'autre volume de 2004 mécréance et discrédit p 153)
      • Husserl est cité
      • On voit la capacité théorique s'affaiblir
      • Mais par contre il est nié qu'on puisse s'appuyer sur Husserl pour réagir
      • l'homme aujourd'hui se bat par exemple sur les marchés financiers avec des intuitions qui s'opposent à « des retentions tertiaires numériques » échangées « à la vitesse de la lumiere ».

p 98 « Seule une nouvelle juridiction du travail mise au service d'une augmentation de la néguentropie et d'une réduction de l'entropie peut conduire à une extension légitime de la sécurité planétaire par la création de nouvelles conditions juridiques pour la paix

-dans ce qui devrait devenir une internation au sens que l'on peut donner à ce mot de Marcel Mauss.... »


Notes

      • Evidemment un cœur maussien ne fait qu'un tour à la lecture de cette citation.
      • « Internation » est un peu étendu : est-ce qu'il ne faudrait pas commencer d'abord par l'Europe ?
      • On ne comprend pas pourquoi l'auteur dérive sur des questions de langages et de travail au lieu d'aller vers la bio économie dont le livre de Missemer sur Georgescu-Roentgen faisait hier l'éloge. En matière biologique les phénomènes automatiques sont d'autant plus spectaculaires qu'ils n'utilisent pas le langage humain mais des coefficients physiques et chimiques.


P 125 : « Avec ces relations programmées advient la dividuation au sens de Guattari c'est a dire la destruction de l'in-dividuation.......ce qui constitue la base de la gouvernementalité algorithmique ».


Notes

      • comme on peut le voir en lisant « récoltes et semailles » deGrottendieck ce n'est que partiellement vrai. Grottendiek cite le mathématicien Alain Connes qui est fondateur de la géométrie non distributive et les catégories de discret et de continue sont bien plus signifiantes que « dividus et individus ».
      • On dirait que par ce choix Stiegler se laisse emporter par son goût pour les jeux de mots, les retours à l'origine.
      • Stiegler a manifestement du mal à introduire dans son Panthéon des sources

d'inspirations différentes. Il ne connait pas l'évolution de la thermodynamique. Il est grand lecteur de Nietzche mais evite tout affrontement avec Onfray qui en est le représentant officiel. Il ignore superbement Isabelle Stengers, Bruno Latour et Prigogine qu'il ne cite pas une seule fois dans la société automatique.

      • Non il n'est pas encore démontré que la societe automatiquene ne creera pas autant de job qu'elle en supprime.
      • Pour Alain Connes on ne peut pas recommencer les expériences. Les calculs

n'indiquent que des probabilités . Ainsi on pourrait classer les conclusions de Stiegler comme probables ce qui le ferait descendre un peu de son « imperatif catégorique » qui le rend si présomptueux.


P 151 « ...le capitalisme totalement computationnel est structurellement auto destructeur c'est a dire absolument entropique »


Notes

      • Cette utilisation de l'adjectif entropique est vulgaire et mystérieuse.
      • Évidemment tout utilisateur du net souscrira au fait qu'il est une menace potentielle pour la personne : mais à quel échelon du temps ?
      • Stiegler est vraiment bizarre. La notion d'entropie existe dès la mise au point des premiers calculateurs. On la trouve chez Shannon et chez Turing. C'est une notion physique liée au nombre de transistors au sein d'une machine. Pourquoi est-ce que ce livre sur la Société automatique n'en reste pas au plan physique, avant de s'en prendre aux algorythmes ?




On peut comparer la page 186 de la société automatique avec la page 85 de la Mécréance


p.186 : « L'anéantissement algorithmique de la promesse est une annihilation, ce qui nous reconduit au fait que nous vivons l'époque de l'accomplissement du nihilisme sinon du nihilisme tout a fait accompli : nous vivons la phase dans laquelle la catastrophé nihiliste est en train de se déployer ».

      p85 : « Le ressentiment c'est la face nihiliste d'un combat qu'il faut mener dans le devenir, avec lui mais pour le transformer en avenir. Ce qu'il nous est difficile de comprendre et de faire, a nous qui sommes la postérité de Nietzsche, qui sommes au cœur de ce nihilisme promis pour deux siècles pas son annonciateur, c'est que le pire soit dans le meilleur et inversement, -et, conséquemment, que le devenir est en cela une lutte un combat, la grande question étant : que faut-il combattre en fait, c'est à dire : que faut il faire une fois reconnue la plaie du ressentiment ? ».



Notes

      • d'abord remercier Stiegler des passages qu'il souligne en italique car on aura remarque que les trois premières italiques du texte de 2004 dans Mécréance ont disparu dans le texte de 2015 sur la société automatique .
      • Il n'y a plus de devenir. Conclusion encore renforcée par le passage suivant.




P 221 « Deviens ce que tu es : cette devise de Pindare qui soutient toute la pensée de Nietzsche est ce qui devient impensable dans l'abrutissement généralisé résultant du désapprentissage massif que génèrent les automatismes technologiques en tout genre (mécaniques, electromécaniques, électroniques et numériques) comme devenir techno- logique qui paraît n'ouvrir aucun avenir, mais tout au contraire le clore par un mur dans lequel il fonce. Le désapprentissage généralisé que nous impose l'automatisation intégrale dans ce qu'il y a de plus quotidien provoque un mal être tel que l'être que je puis être qu'en devenant ce que je suis ne devient plus rien ; dans ce devenir ne se présente plus que l'expérience du rien, du vide, de la désertification de soi. Il en résulte le sentiment d'une insipidité de l'existence sans nom ni précédent : perdre ses savoirs quel que soient leur forme, comme savoir vivre et savoir faire aussi bien que comme savoir concevoir c'est découvrir que l'annihilation du monde en quoi tout cela ne consiste même pas, si l'on peut dire, prive tout geste, tout acte et tout «être au monde » ou « être ensemble » ces savoirs en quoi seulement le monde consiste, et comme ensemble de ceux qui savent y être et y devenir, c'est a dire y projeter ce qui au dela du devenir entropique ouvre un avenir négentropique et néguanthropologique ».


      • Alors là ça avait trop bien commencé, comment peut-on finir dans un pareil flou artistique ?
      • Déjà la qualification « entropique » est une notion physique qui ne s'applique pas à l'action humaine . Par exemple l'accroissement démographique ne crée pas de devenir entropique
      • C'est un non sens qui s'applique aussi au contraire de l'entropie, la néguentropie. Peut être que l'action humaine peut circonvenir l'entropie des systèmes ?
      • Mais ce n'est pas sur puisque l'action humaine contre l'entropie des systèmes est elle-même neguanthrologique (concept créé par l'auteur pour désigner une humanité qui agit contre ses intérêts. On pourrait dire par exemple que la communauté chiite de Syrie quand elle tue 250 000 personnes de la communauté opposée sunnite a un comportement néguanthropologique).


P 224 « Ce sont des individus psychiques mais aussi des individus collectifs qui sont ainsi totalement prolétarisés »


Notes

      • on voit naître ici sous-jacente (faut-il dire dans l’écriture de Stiegler) un autre facteur qui est la peur de ne plus etre a la hauteur.
      • En conséquence de l'inconscient d'asservissement machinique existe un inconscient de la frayeur de l'exclusion.
      • Est-ce que l'expérience contraire n'est pas au contraire de se sentir plus fort quand on sait se servir d'un automatisme (comme celui que la poste impose pour acheter des timbres ; ou comme celui que les smartphones imposent a leurs utilisateurs?)



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En 2015 Stiegler est beaucoup plus totalitaire qu'en 2004. Il écrit qu'internet est le Leviathan et que ce Léviathan est planétaire. P252 : « La vitesse moyenne d'un influx nerveux circulant entre l'organe cérébral et la main est de l'ordre de 50 mètres par secondes, les rétentions tertiaires numériques réticulées peuvent circuler à 200 millions de mètres par seconde sur les réseaux de fibre optique soit quatre millions de fois plus rapidement ».


A l'opposé il fournit un travail d'explication extrêmement fourni en argument (références a Gorz, Meda, Rifkin, Giffard, Menger,.....) sur la différence entre le temps libéré et le travail libéré accusant Gorz d'en venir à confondre temps libre et travail libre.p315 : « Or au fil de ses œuvres Gorz parle de plus en plus de temps libéré c'est à dire disponible, et de moins en moins de travail libéré. »


Notes

  • La contrainte est plus forte par la sophistication d'internet
  • La suppression des emplois est déjà omniprésente . Citation d'Alain Caillé : « Nous allons assister à un bouleversement sociologique et anthropologique le plus colossal que l'humanité ait jamais connu. Seule la révolution néolithique pourra lui être comparée en importance. Et d'un tel bouleversement l'esprit rechigne à en envisager les conséquences possibles. Tant il est malheureusement possible qu'elles ne se révèlent apocalyptiques ». (postface à Jeremy Rifkin)
  • l'espoir de la refondation du travail est plus grand.


P 329 « Il y a une véritable omerta quand à la fin de l'emploi. Parce que rien n'est dit de ce qui vient mais tout le monde sent, même si personne ne le sait positivement, en France en particulier et surtout depuis deux ans, l'extrême droite avance à grands pas. Tant que ce bouleversement ne sera pas projeté collectivement, celle ci continuera d'avancer partout dans le monde au fur et à mesure que se concrétiseront les effets non pensés et subis du « bouleversement anthropologique et sociologique le plus colossal que l'humanité ait jamais connu ».


p 348 : « si la question est bien celle d'une néguanthrologie, c'est à dire d'un savoir desautomatiser pour pouvoir lutter contre l'entropie qu'emporte inévitablement l'automatisation......l'enjeu est de penser un nouvel age des savoirs ».


Notes

  • Incontestablement Stiegler s'est radicalisé
  • Le souci est dans son vocabulaire logomachique. Le recours au mots grecs est du snobisme.
  • La confusion entre les plans physiques et idéologiques est grave. L'entropie est d'ordre physique et on ne définit pas comment le travail d'ordre social va modifier la course de la physique.
  • L'auteur veut satisfaire une ambition théorique . Il cite http://www.lejdd.fr/Chroniques/Axel-de-Tarle/Les-robots-vont-detruire-la-moitie- de-nos-emplois-732758 mais ce qui compte est d'avoir raison entre noese et techné entre energeia et dunamis. Il dit qu'il y a deux phases dans la constitution du prolétariat, le 19°siècle et le 21° qui voit la naissance du gouvernement computationnel qui tous nous faire perdre nos emplois. Malheureusement cette dernière génération de prolétaire n'a aucun souci d'organisation politique. Stiegler renvoie à Latouche qu'on peut citer, disant « 'il n'ya plus de mission du prolétariat ».
  • Sans trahir la conclusion on peut dire que l'auteur s'en remet a la force noétique des individus










Mécréance et discrédit Stiegler editions Galilée Paris2004



L'auteur commence son livre avec une citation : « Pour les USA, l'objectif central d'une politique étrangère de l'ère de l'information doit être de gagner la bataille des flux de l'information mondiale, en dominant les ondes tout comme la Grande Bretagne dominait autrefois les mers ».


p. 25 « Cette bataille des flux vise à fournir de nouveaux modèles constituant les technologies de contrôle comportementale numérique permises par la convergence des techniques de l'informatique, des télécommunications et de l'audiovisuel......La bataille des flux repose a la fois sur l'accès public mondial au réseau internet et sur le remplacement du système technique audiovisuel analogico-hertzien, dont l'état américain annonce la disparition le 3 avril 1997, par un nouveau système technique audiovisuel entièrement numérique toujours en cours d'installation et qui est très loin d'avoir déroulé ses effets lesquels seront immenses ».


p. 39 « Au cours des années 1980, l'industrie américaine qui a perdu les marché de l'équipement électronique destiné au grand public, comprend que la reconquête passe par le multimédia, c'est a dire par la numérisation des textes, des images et des sons simultanément, et par le déploiement de réseaux de télécommunications modifiant totalement les conditions de leur diffusion. Maîtrisant presque intégralement les industries informatiques, c'est a dire les technologies du calcul, les Etats Unis créent les conditions pour que se produise une mutation reposant largement sur la mise en œuvre de normes inductrielles nouvelles, en particulier les normes d'interopérabilité entre réseaux et de compression numérique des signaux analogiques, c'est a dire des images et des sons permettant de reprendre le contrôle de l'ensemble de la filière des technologies culturelles que constituent les systemes éditoriaux, les canaux de diffusion audio visuelle, les réseaux de base de données, etc ».


p 65 note sur la grammatisation

« J'ai appellé grammatisation le processus par lequel tous les flux ou s'enchainent les actes symboliques, c'est a dire aussi (existentiels) peuvent être discrétisés, formalisés et reproduits. Le plus connu de ces processus est celui du langage »

Stiegler n'ignore pas la biologie et dans la derniere ligne de la meme note il écrit aussi

« la perte d'individuation induite par la grammatisation du vivant meriterait evidemment des analyses tres complexes ». C'est pourquoi on ne comprend pas que de 2004 a 2015 il se soit laissé emporte par la seule grammatisation des symboles.


En 2004 Bernard Stiegler est beaucoup moins radical qu'en 2014. Il dit qu'il ne s'agit pas de s'opposer au processus capitaliste mais tout au contraire d'eviter son autodestruction.. Il dit aussi que les mnémotechniques et les mnémotechnologies relevent de la superstructure dans la theorie marxiste et que dans le capitalisme hyperindustriel consiste dans l'impossiblité de distinguer infrastructure et superstructure. A l'époque il croit dans « l'indetermination de l'avanir » (p 75) alors qu'il a decouvert depuis l'anthropocene qui est la destruction de la race humaine par elle meme.


p.79 « C'est cette nécrose sociale, telle qu'elle exploite les vilains penchants les plus profondément enracinés dans la psyché et telle qu'elle exploite en quelque sorte mécaniquement ou automatiquement c'est a dire non intentionnellement, mais comme simple extremisation des consequences inedites du processus qu'est le capitalisme quand a la question paradoxale de son credit, qui est a l'origine de ce que j'appelle la mécréance ».


Voila une phrase particulièrement difficile dont la fonction est de montrer qu'on a pensé a tout en rejetant a l'extreme fin du developpement le terme qu'on veut definir. Stiegler est une personne qui fait constamment des efforts sur elle meme. Il se croit lui meme emporté par la décadence. C'est ce qui le fait s'interesser a la culture grecque. Il suit le chemin de Heidegger sans s'interroger sur les motivations nationales socialistes qui ont conduit Heidegger puis Hitler sur le chemin qui va de l'Allemagne à la Grèce.



Un autre exemple l'a frappé a la page 138 ou il demande « ou est la technique dans cette affaire ? » et qu'il repond : « la réponse est très claire. La technique est ce qui dans la théorie, procède d'un redoublement de la grammatisation du fonds pré-individuel qui devient ainsi politique...... » Avez vous trouvez cela clair ? Pas nous. Le langage de Stiegler l'eloigne de la pratique. Il perd un temps fou avec des notions comme le « negotium », le « gymnase », le « melete » qui ne facilitent en rien la compréhension du « nouveau processus de prolétarisation » (p 144). Il nomme « singularité » ce qui va lui donner a lui-même la volonté de la résistance.


La dernière partie de cet ouvrage (vouloir croire) est presque entièrement incompréhensible. C'est une conférence dans laquelle on dirait que l'auteur veut faire de « l’épate » en abreuvant les auditeurs d'une cascade de concept . Il a pour point de départ une confidence que lui a faite Derrida dans une rencontre en particulier et il veut lui donner de la publicité pour approfondir sa « singularité ». C'est toujours le réseau de l'internet qui est en cause mais on ne voit pas en quoi un individu aura un jour la force de le détourner.


Il y a eu certainement des progrès qui ont eté accompli en 10 ans sur l'affirmation de la singularité envers et contre l'internet. Il faut se reporter à la société automatique pour en juger.



Conclusion


Il n'est pas si simple de relier « la societé automatique a la notion d'anthropocene. Bien qu'assistent aux séminaires d'Ars industrialis d'autres auteurs qui ont fait l'objet de fiches bibliographiques dans le site de Meleze-formation tels que Alain Gras et Christian Bonneuil . Il ne suffit pas que la société automatique débouche sur la vision originale d'une boucle de programmation qui devient l'oracle de la loi en dépit des hommes et de leurs institutions pour que la démonstration selon laquelle l'homme se détruit lui-même paraisse définitive et complète.






 


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