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Giacomo Casanova : premier travailleur sexuel de l’histoire de la prostitution masculine ?

mardi 13 septembre 2011, par Serge Uleski


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Giacomo Girolamo Casanova, né le 2 avril 1725 à Venise et mort le 4 juin 1798 à Dux, après des études brillantes, fut tour à tour violoniste, magicien, espion, charlatan, diplomate, bibliothécaire et écrivain.

Infatigable, sillonnant le XVIIIe siècle au pas de course, présent dans toutes les cours d’Europe et dans tous ses fastes, de Venise à Paris, Madrid, Vienne, Londres... dans une quête incessante pour l’extase et le bonheur...

Mais aussi... escroc poursuivi par ses créanciers et autres huissiers...

Casanova se retirera au château de Dux, en Bohême, une fois malade et diminué, la chandelle brûlée par les deux bouts - d’aucuns diront aujourd’hui : une fois établi le constat de sa perte de compétitivité sur le marché du sexe -, avant de devenir un écrivain majeur de la langue française.

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On a dit de Casanova qu’il était l’homme le plus libre du 18e siècle...

Mais… l’était-il vraiment ?

Sans fortune personnelle, fils d’une actrice qui l’abandonnera très tôt et d’un père décédé alors qu’il n’a que quelques années, éternel invité, toute sa vie durant Casanova vivra sous la dépendance matérielle d’autrui.

Premier des libertins chez les libertins, dans ses écrits, il s’interroge : quel est l’homme auquel le besoin ne fasse faire des bassesses ?

Mais alors...

Et si... ce forçat du corps qui n’avait pour seules richesses que sa libido, son intelligence, sa culture et son talent incomparable pour la conversation...

Et si ce sur-doué qu’est Casanova n’avait pas seulement été un brillant séducteur, compulsif de surcroît, par amour pour les femmes (ou par abandon de la première d’entre elles... sa mère)...

Mais aussi, et bien plutôt...

Le premier courtisan-gigolo, le premier travailleur (esclave) sexuel et mondain de l’histoire de la prostitution masculine ?

La question est posée ; n’en déplaise à Sollers (1) qui aime rien tant que se raconter des histoires et nous en raconter aussi par la même occasion ; un Sollers qui n’a voulu voir que lui-même en et dans Casanova, oubliant Giacomo... cet enfant très tôt livré à son sort, d’une susceptibilité à fleur de peau, celle de roturier face à une élite sociale souvent cruelle et inconséquente, un être dépendant, et par voie de conséquence terriblement vulnérable en stakhanoviste de la lutte contre la menace quotidienne de la pauvreté et plus tard, de la vieillesse.

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1 - Un Sollers, toujours là à faire le malin... jusqu’à la bêtise de ceux qui s’évertuent à nier la dimension politique et sociale de toute existence humaine.



 


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